Notre cri (suite)

Notre cri (suite)


Une église paroissiale par un matin d’été. Elle est presque vide. Juste quelques personnes qui sont venues à la messe afin de porter le monde dans leur prière. On les imagine âgées, comme le prêtre qui préside l’assemblée. Né en 1930, ordonné en 1958, le P. Jacques Hamel a consacré sa vie à annoncer l’espérance, sans jamais chercher les honneurs. Et il rend encore service, humblement, comme tant d’autres prêtres « en retraite active ».


La suite, cette irruption brutale de la barbarie, on se refuse à la décrire. Les seuls mots qui viennent à notre bouche sont ceux prononcés par l’archevêque de Rouen depuis les JMJ de Cracovie :

« Je crie vers Dieu ». Ils viennent du psaume 129 : « Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière ! »


C’est un cri de douleur, un cri de désarroi face au mystère du mal. Un cri de colère face à la violence fanatique qui ensanglante notre terre, notre monde. Toutes ces personnes désarmées, toutes ces vies fauchées, hommes, femmes, enfants, sans distinction de nationalité ou de religion. De Bagdad à Orlando, de Nice à Saint-Étienne-du-Rouvray… Aucune cause ne peut justifier une telle abomination. La moindre complaisance envers de tels actes, même celle qui prend la forme d’un lâche silence, doit être condamnée.


Mais notre cri vers Dieu est aussi un appel à l’aide pour résister à la tentation de la vengeance.

« L’Église catholique ne peut prendre d’autres armes que la prière et la
fraternité entre les hommes », a dit encore Mgr ­Dominique Lebrun avant de quitter la Pologne pour rentrer dans son diocèse.


Fraternité, un mot difficile à entendre dans l’enchaînement des drames. Il nous rappelle ceci : répondre à la haine par la haine serait le triomphe du mal.


Guillaume Goubert, le 27/07/2016 – La Croix


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